Les gènes de l’audition en question – Philippe Barraqué

trithérapie anti-acouphènes

Acouphènes Solutions

Chaque année, des professionnels de santé et des associations nous rebattent les oreilles avec les problèmes auditifs, et particulièrement les acouphènes. Des enquêtes sont faites, beaucoup de budgets de communication sont dépensés, mais sans amélioration pour le quotidien des malades. Mais au fait, y a-t-il des gènes qui « manipulent » notre oreille au point de la faire disjoncter? Le musicothérapeute français Philippe Barraqué répond à ces questions.

Acouphènes Solutions : A-t-on localisé les gènes responsables de l’audition ?

  • Philippe Barraqué : Oui, ils ont été localisés depuis une vingtaine d’années et sont au nombre d’une centaine. C’est dire l’importance de l’audition dans nos mécanismes psychosensoriels et moteurs.

A.S. : Ces gènes sont-ils responsables des maladies du système auditif?

  • P.B. : Il est certain qu’ils jouent un rôle dans la survenue de beaucoup de ces maladies, particulièrement dans les cas de surdité précoce ou de déficiences auditives innées. L’Université Rockefeller a ainsi identifié 39 types de surdité dont le caractère dominant est la transmission génétique.

A.S. : Croyez-vous que ces gènes puissent jouer un rôle dans les acouphènes?

  • P.B. : L’acouphène est un symptôme dont les causes sont multiples. C’est la difficulté actuelle de poser un diagnostic et d’établir un protocole thérapeutique de confort pour chaque cas. Le rôle des gènes dans ce trouble auditif n’est pas établi par la science, même si les traitements par la thérapie génique sont prometteurs, surtout pour les surdités profondes. Les acouphènes sont majoritairement dus à des écoutes dites « à risque » chez les jeunes qui stressent leurs oreilles en écoutant des musiques à très fort volume sonore. Ils font partie également des dommages collatéraux de beaucoup de maladies et des effets indésirables de leurs traitements médicamenteux.

A.S. : Y-a-t-il des solutions pour venir à bout des acouphènes ou tout du moins pour les rendre supportables?

  • P.B. : Ce qui pose problème c’est ce son continu qui pollue la vie de tous les jours, une sorte de « son fantôme » que le cortex auditif reproduit comme un « message d’erreur ». En effet, certaines cellules de l’oreille interne libèrent des neurotransmetteurs qui transmettent le signal sonore jusqu’au cerveau. Pour agir dessus, il y a les thérapies d’habituation qui ont une action sur la plasticité cérébrale comme la thérapie sonore, les thérapies comportementales et cognitives. La sophrologie et l’hypnose donnent des résultats encourageants. En dernier recours, l’appareillage auditif avec un générateur de bruit blanc.

A.S. : Comment faire connaître les dangers qui menacent notre audition auprès du grand public?

  • P.B. : D’abord, il faudrait faire de la prévention en milieu scolaire en sensibilisant les jeunes au fait que l’oreille est un organe complexe et fragile. Rendez-vous compte que la cochlée, dans l’oreille interne, est constituée de 17000 cellules ciliées réparties sur quelques millimètres pour recevoir et sélectionner toutes les fréquences entre 20Hz et 20000 Hz! Lorsqu’elles sont endommagées par un traumatisme sonore, c’est bien souvent irrémédiable car elles ne s’auto réparent pas. Ce sont les cellules ciliées captant les fréquences aigues qui sont en première ligne car elles se trouvent à la base du clavier cochléaire. C’est pour cela que la fréquence la plus courante d’un acouphène est autour de 4000 Hz.

Philippe Barraqué, musicologue, musicothérapeute, expert santé



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Acouphènes, l’enquête ifop 2018 d’un fléau – Philippe Barraqué

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L’enquête Ifop 2018 sur l’audition des français vient de sortir. Cette enquête révèle une progression préoccupante des troubles auditifs, en particulier des acouphènes, chez les jeunes.

82% des personnes interrogées déclarent avoir déjà eu des difficultés à comprendre des conversations lorsqu’il y a du bruit, ce résultat étant particulièrement élevé parmi les personnes de moins de 25 ans, avec 92% de réponses positives. Sur 435 personnes ayant participé à ces tests audio, 352 ont déclaré ressentir une gêne de compréhension dans le bruit et 192 ont indiqué avoir déjà perçu des acouphènes. Toutefois cette gêne reste modérée puisque la note d’évaluation globale ne dépasse pas 4,2/10.

Les personnes interrogées et dépistées considèrent toujours que les acouphènes relèvent d’un problème du système auditif mais une forte proportion de l’ordre de 39% le relie à un trouble associé d’ordre psychologique. Pour une large majorité de répondants, la gêne engendrée par le fait de ressentir des acouphènes peut nuire à la vie sociale, à l’exécution de tâches au quotidien, et impacter sur le moral.  Toutefois, l’enquête Ifop ne portant que sur un échantillon restreint de population, il est difficile d’en tirer des chiffres globaux au niveau national.

Les acouphènes n’en demeurent pas moins un fléau chez les jeunes et les moins jeunes qu’il est nécessaire de prendre en compte dans les programmes de prévention auditive et dans les prises en charge médicales.

Philippe Barraqué, expert santé


Thérapie sonore anti acouphènes : stop-acouphenes.fr

sources : ifop, JNA

Notre pétition Acouphènes déjà +3000 signataires

pétition acouphènes flyerPlus d’un français sur quatre, selon les dernières estimations, souffrent d’acouphènes, c’est à dire de bruits dans les oreilles provoqués notamment par des traumatismes sonores. Pour certains d’entre eux, la vie quotidienne est devenue insupportable et il n’existe à ce jour aucun traitement médicamenteux pouvant traiter ces sons parasites. Signez notre pétition Donnez des moyens à la recherche sur les acouphènes qui a recueilli le plus de signatures.

Donner des moyens à la recherche scientifique pour découvrir les mécanismes physiologiques des acouphènes et de l’hypersensibilité au bruit doit devenir une priorité nationale.

Signer cette pétition, c’est se rendre audible vis à vis du gouvernement, des pouvoirs publics, des décisionnaires afin de leur faire comprendre que les acouphènes touchent des français de plus en plus nombreux, et souvent très jeunes. Un fléau à prendre en compte de toute urgence en développant des programmes de recherche scientifique ambitieux et innovants.

Nous avons besoin de vous et de votre soutien pour avancer dans la lutte anti-acouphènes. Merci de signer cette pétition et de la partager avec le plus grand nombre:

https://www.change.org/p/aux-politiques-et-%C3%A0-tous-les-d%C3%A9cisionnaires-donnez-des-moyens-%C3%A0-la-recherche-sur-les-acouph%C3%A8nes

Philippe Barraqué, musicothérapeute, musicologue


 

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Vos questions sur les acouphènes – Philippe Barraqué vous répond

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#Je souffre d’acouphènes mais qu’est-ce que c’est ? – Philippe Barraqué, musicothérapeute, docteur en musicologie, expert santé vous répond : « L’acouphène n’est pas un phénomène issu de notre civilisation moderne puisqu’il est décrit depuis l’Antiquité sous le nom latin de tinnitus (« tintement d’une cloche »). C’est un son qui n’est souvent entendu que par le patient et donc difficile à diagnostiquer par le médecin ORL. Il peut être perçu dans une oreille, ou dans les deux – en continu ou intermittent – sous des formes diverses: bourdonnements, chuintements, pulsations, sifflements, etc. Il s’agit souvent d’une résonance très aiguë dépassant les 8000 Hz alors que la perception de l’oreille humaine se situe entre 20 Hz et 20 KHz.
#Y en a t-il de plusieurs sortes ? – P.B. : « On distingue deux sortes d’acouphènes : – les acouphènes objectifs (5% des cas) qui proviennent d’un problème intracrânien (contractions musculaires de la face, vertèbres cervicales), dentaire (malocclusion), circulatoire (carotide), vasculaire cérébral (hypertension), tumoral (neurinome) ou en relation avec le tympan et la trompe d’Eustache. En traitant la cause, ces acouphènes peuvent régresser. – les acouphènes subjectifs ou neurosensoriels, affectant les cellules ciliées de l’oreille interne, la cochlée et la transmission des signaux auditifs au système nerveux et au cortex cérébral (les cas les plus courants). Une surdité partielle ou un déficit auditif sur certaines fréquences favorise souvent l’apparition des acouphènes. La perception de voix ou de musiques immatérielles sont à distinguer des acouphènes. Ce sont des hallucinations auditives, parfois liées à des maladies mentales, même si des déficients auditifs les perçoivent parfois en situation de stress extrême. Certains états modifiés de conscience ou d’addictions peuvent provoquer ce type de trouble de la perception. »
#Quelles en sont les causes ? – P.B. : « Si le premier type d’acouphène est clairement identifiable médicalement, les phénomènes déclencheurs de l’acouphène neurosensoriel sont le plus souvent d’origine traumatique (traumatisme sonore, musique à fort volume) et/ou psychosomatique (anxiété, burn-out, choc émotionnel, dépression, malaise vagual, surmenage, troubles obsessionnels compulsifs). Mais ne sont pas à exclure : – les interactions médicamenteuses ototoxiques (anti-inflammatoires, antipaludéens, chimiothérapie, diurétiques, vasodilatateurs), – les intoxications aux métaux lourds (amalgames dentaires, électrogalvanisme buccal), – les boissons dopantes, les inhibiteurs de digestion (café, thé, etc.), – les allergies alimentaires, les carences nutritionnelles, – la dorsalgie, la fibromyalgie, la maladie de Lyme, le syndrôme du côlon irritable – le stress oxydatif, les inflammations chroniques, – les effets négatifs des ondes électromagnétiques, des infrasons et des pollutions ambiantes. Autant dire que les champs de la recherche scientifique sont nombreux pour comprendre les mécanismes complexes des acouphènes, notamment au niveau du cortex cérébral. »
#Quelles sont les conséquences des acouphènes sur la santé ? – P.B. : « L’environnement sonore devenant une agression permanente, ce vécu influe sur votre équilibre nerveux jusqu’à vous rendre irritable et dépressif. Ces difficultés à maîtriser l’ouïe provoquent des migraines, des vertiges, une sensation de mal-être et de solitude qui perturbe la vie relationnelle et peut entraîner un processus de désocialisation. Sortir de ce cercle infernal qui alimente vos acouphènes et vous isole chaque jour davantage doit être votre priorité. Des groupes de paroles existent et des thérapies douces sont là pour adoucir vos bruits auditifs. Il faut aussi prendre le temps d’écouter les musiques internes du corps, de se poser, de se recentrer, de respirer pleinement afin que chaque respiration efface toute tension, toute dissonance en vous. »
#L’acouphène est-il le signal d’alarme d’une maladie ? – P.B. : « L’acouphène est un indicateur symptomatique de certaines pathologies liées à l’oreille interne: – l’otospongiose (l’étrier ne transmet plus les vibrations sonores), – le neurinome (tumeur bénigne invasive), – les maladies de Paget et de Ménière (bruits dans le grave, surdité, vertiges). C’est également un bon indicateur en cas d’allergies, de diabète, d’intolérances alimentaires (glutamate, gluten…) de troubles digestifs, endocriniens et de maladies dégénératives (parkinson, sclérose en plaque, etc.). Plus généralement, il est lié à une perte de l’audition et parfois à un bouchon de cérumen qui obstrue le conduit auditif. »
#Pourquoi l’acouphène est-il si perturbant psychologiquement? – P.B. : « L’acouphène est la production d’un signal nerveux anormal qui atteint votre perception consciente lorsque le système nerveux végétatif est déséquilibré à cause d’un stress ou d’une maladie. Certaines personnes le supportent très bien, voire l’ignorent, alors que d’autres le vivent très mal, notamment la nuit où il provoque des insomnies. Car faute de vous y habituer, vous vous confrontez à l’acouphène. Ce signal auditif semble vous répéter à l’infini l’émotion, le conflit, le mal-être que vous ne voulez pas entendre. Pire, il est devenu un « avatar » sonore, un membre encombrant de votre famille auquel vous prêtez beaucoup de pouvoir et de méfait. Il s’est placé au centre de vos préoccupations et pour l’instant, il a gagné! Il s’agit donc de limiter l’emprise de l’acouphène notamment par la thérapie sonore et de désactiver au maximum les réactions neurovégétatives qu’il provoque. L’aide apportée par une psychothérapie courte de type cognitive et comportementale peut s’avérer utile pour pacifier le mental et accompagner vos soins thérapeutiques. L’autohypnose et la sophrologie sont également conseillées. »
#Que faire médicalement ? – P.B. : « Suivez les conseils suivants : – Faites un bilan complet de santé. – Prenez rendez-vous avec votre dentiste pour vérifier l’état de vos dents. – Consultez un médecin ORL dès l’apparition des acouphènes car plus vous agirez vite, plus vous aurez de chance de les traiter efficacement. En effet, les acouphènes apparaissent souvent progressivement et de façon intermittente avant de devenir constants. Ne les laissez pas s’installer! – Les tests audiométriques ne dépassant pas le seuil acouphénique des 8000Hz, il est préférable de faire un examen audiométrique des hautes fréquences afin de rechercher les pertes auditives dans les zones atteintes par vos bruits parasites. Votre médecin ORL vous proposera un protocole thérapeutique alliant de l’allopathie, des thérapies de confort et éventuellement un appareillage adapté à votre cas. »
*Ces conseils vous sont donnés à titre préventif par Philippe Barraqué, musicothérapeute, docteur en musicologie, expert santé. Ils ne remplacent en aucun cas votre traitement médical.

Partagez ces conseils. La recherche avance et vous êtes de plus en plus entendus. Merci.


Thérapie sonore anti acouphènes recommandée par des médecins ORL et le magazine TOP SANTE : www.stop-acouphenes.fr

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Handicap auditif, LipNet lit sur les lèvres

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La lecture sur les lèvres est l’un des moyens, avec l’appareillage et le langage des signes, à comprendre les conversations, pour les personnes en situation de handicap auditif. Un nouveau programme d’intelligence artificiel, LipNet, va leur facilité la tâche avec 93% de réussite.

Cette technologie a été mise au point par une équipe de chercheurs de l’Université d’Oxford. Selon ces scientifiques, cette intelligence artificielle se distingue des précédents procédés mis au point par la manière dont elle analyse les mouvements des lèvres. Ainsi, le principe de LipNet est de prendre en bloc les phrases au lieu de transposer chaque mouvement des lèvres en les reliant à un son.

Une technologie à adapter aux situations réelles

Le système LipNet a été testé sur trois étudiants sourds de l’Université d’Oxford. Face à 300 phrases similaires à celles programmées dans le logiciel, leur taux d’erreur a été de 47.7 % sans la technologie LipNet et de 6,6% lorsqu’ils l’ont utilisée. Dans les prochaines phases de tests, il sera nécessaire d’adapter ce système prometteur à des phrases prononcées par des personnes dans des situations courantes et en variant les structures des phrases et les conversations.

Philippe Barraqué, musicothérapeute, docteur en musicologie, expert santé



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Liste des médicaments ototoxiques – Acouphènes solutions

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Une centaine de médicaments sont indiqués comme susceptibles de provoquer des dommages au niveau de l’oreille interne. Ils contiennent des substances ototoxiques. En voici la liste non exhaustive, tout en sachant que ces molécules, dont certaines entrent dans la composition de médicaments très courants, ne causent des altérations de l’appareil auditif que dans des cas très spécifiques et lors de traitements prolongés et à forte dose. Ces médicaments ototoxiques peuvent endommager les cellules ciliées de la cochlée ou le vestibule, entraînant des troubles de l’oreille comme les acouphènes, les vertiges et les pertes d’équilibre.

  • Anti-inflammatoires

Salicylates

– Aspirine‚ Aspégic‚ Aspro‚ Catalgine‚ Kardégic‚ Solupsan.
Ces substances ont des effets sur la cochlée en cas de traitement prolongé ou à forte dose. Au delà de 4 grammes par jour, elles provoquent des acouphènes chez 50% des patients et une baisse auditive dans 75% des cas.

Divers anti-inflammatoires

Acides acétiques : Indomethacine, Indocid.
Acides propioniques : Fenoprofène Nalgésic‚ Ibuprofène Nurofen‚ Nureflex‚ Advil‚ Naproxen Apranax‚ Naprosyne‚ acide méfénamique, Ponstyl.
Acides énoliques : Piroxicam Feldène. Les deux molécules les plus souvent citées sont l’Ibuprofène et le Naproxen.


  • Cancérologie et hématologie

Cisplatine et dérivés
– Cisplatyl, Eloxatine‚ Oxaliplatine, Paraplatine‚ Carboplatine.
Les effets ototoxiques se manifestent par des acouphènes fréquents avec une déficience dans les aigus. La surdité s’installe parfois brutalement. En cas de traitement de longue durée, ces altérations auditives peuvent atteindre d’autres fréquences, entraînant une difficulté à discriminer les sons entre eux.

Interféron : Il présente un taux élevé d’ototoxicité (45% d’acouphènes avec surdité). Il semblerait que ces effets surviennent après un traitement prolongé et soient réversibles à l’arrêt du traitement.

Autres traitements
-Dérivés de la moutarde azotée (surdité et acouphènes permanents).
-Bléomycine (acouphènes possibles).
-Vincristine (atteinte de la cochlée).
-Vinblastine.
-Méthotrexate (toxicité cochléaire et vestibulaire).


  • Diurétiques

-Furosémide, Lasilix.


  • Antibiotiques

Aminosides
-Amiklin (toxicité cochléaire et vestibulaire).
-Gentamycine (toxicité cochléaire et vestibulaire, dose-cumulée).
-Isepalline (toxicité cochléaire et vestibulaire).
-Tobramycine Nebcine‚ (toxicité cochléaire et vestibulaire).
-Netilmycine.
-Netromycine‚ (toxicité cochléaire et vestibulaire).
-Kamycine‚ (toxicité cochléaire et vestibulaire).

Les Aminosides ont des effets ototoxiques quels que soient leurs modes d’administration, en prise unique ou en plusieurs prises. L’ototoxicité est différente selon la molécule considérée : la Néomycine est la substance la plus cochléotoxique avec des cas rapportés après utilisation par voie aérienne. Sur le vestibule, sa toxicité s’avère plus rare ; la Streptomycine est beaucoup plus toxique. Elle provoque une baisse auditive dans 4 à 15% des cas. La Gentamycine est plus vestibulotoxique (incidence allant jusqu’à 30%) que cochléotoxique (4 à 5% de baisse auditive). Kanamycine, Amikacine et Nétilmicine sont principalement toxiques sur la cochlée.

Macrolides
-Erythromycine, Erythrocine‚ Erytrogram‚ Pédiazole.
Les macrolides induisent une surdité bilatérale, souvent associée à des acouphènes. Les vertiges sont possibles. Contrairement à ce qui est observé avec les aminosides, la surdité peut atteindre aussi bien les fréquences conversationnelles que les fréquences plus aiguës. Elle est donc aisément décelable par le patient. Ces effets ototoxiques surviennent pour des doses supérieures à 4 grammes par jour, ou à partir de 2grammes par jour, en cas d’insuffisance rénale (dialyses) ou hépatique.

-Clarithromycine, Naxy‚ Zeclar. Des cas d’acouphènes et d’hypoacousie réversibles ont été signalés.

-Azithromycine, Zithromax‚ Vancomycine, Vancocine, Vancomycine.
Leurs effets indésirables sont des acouphènes et des cas de surdité potentiellement irréversibles, notamment dans les fréquences aiguës. Ils sont rapportés pour des taux sanguins élevés (> 30 à 45 mg/l) et en association avec d’autres médicaments ototoxiques.

-Polymixine, Colymycine (toxicité cochléaire et vestibulaire en instillation).

-Tétracyclines, Doxycycline, Vibramycine‚ Minocycline, Acneline‚ Mynocine.

La Minocycline (utilisée notamment dans le traitement de l’acné et de la pseudoarthrite rhumatoide) est vestibulotoxique, surtout chez la femme. 50 à 100 mg, 2 fois par jour, provoquent des étourdissements et des vertiges, réversibles après l’arrêt du traitement (48 à 72 heures après).


  • Antipaludéens

Quinine
-Quinidine, Quinimax‚ comprimés et injections (acouphènes, vertiges, baisse auditive).
-Quinine chlorhydrate Lafran.
Leus effets observés sont réversibles (acouphènes fréquents même à faibles doses).
Dans les traitements prolongés à dose supérieure à 200-300 mg par jour, 20% des patients souffrent d’acouphènes, suivis par une baisse auditive provisoire sur les fréquences graves.

Chloroquine
-Nivaquine‚ Savarine.
Des cas de surdité sévère et définitive ont été rapportés le plus souvent après des traitements prolongés et à fortes doses.


Autres médicaments anti malaria
-Méfloquine, Lariam, Pyriméthamine, Malocide‚ Fansidar (vertiges).


  • Topiques locaux prescrits en ORL

On constate des effets ototoxiques en cas de perforation tympanique sèche.

-Antibiosynalar (toxicité cochléaire et vestibulaire).
-Auricularum (quelques cas de vertiges).
-Colicort‚ Corticétine‚ Framyxone‚ Desocort, Panotile‚ Polydexa ( toxicité cochléaire et vestibulaire).
-Dexapolyfra‚ (toxicité cochléovestibulaire pour le foetus, contre-indiqué durant la grossesse).


  • Anesthésiques locaux

-Lidocaïne, Xylocaïne‚ Bupivacaïne, Marcaïne (anesthésie du rachis), Morphine (en épidural).


  • Autres molécules ototoxiques

Anti arythmiques
– à base de quinidine, lidocaine, tocainide et flecainide (Flecaïne).
– béta-bloquants (Propanolol, Metoprolol) : aggravation d’acouphènes préexistants.
– anti-calciques (Adalate).

Anti hypertenseurs
-Diazoxide, Hyperstat‚ Enalapril, Renitec (atteinte de la cochlée).

Anti convulsifs
-Carbamazépine, Tégrétol‚ acide valproïque, Dépakine (atteinte de la cochlée).

Anti ulcéreux
-Cimetitidine, Tagamet‚ Famotidine, Pepdine, Oméprazole, Mopral (atteinte de la cochlée).


Hormones et contraceptifs oraux
Cochléotoxicité variable selon les patients.


Opioïdes
– Morphine, Moscontin‚ Skenan‚ Pentazocine, Fortal (atteinte de la cochlée).


Anti dépresseurs
Anti dépresseurs imipraminiques :
– Surmontil‚ Anafranil (rares cas d’acouphènes).
– Miansérine, Athymil (acouphènes).
– Fluoxétine, Prozac (perte auditive).
– Diazepam, Valium (acouphènes lors du sevrage).


Des acouphènes ont également été rapportés après la prise des substances médicamenteuses suivantes:
-Anti histaminiques.
-Caféine.
-Aminophylline, Planphylline.
-Acétazolamide, Diamox.
-Levodopa, Modopar‚ Sinemet.
-Deferoxamine, Desféral : cochléotoxique dans 25 à 75% des cas, à raison d’une dose journalière supérieure à 35-50 mg/kg).

  • Important : cette liste des médicaments ototoxiques vous est donnée à titre préventif. N’interrompez en aucun cas votre traitement médical et consultez votre médecin traitant.

Philippe Barraqué, expert santé, thérapeute


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Acouphènes, où en sont les traitements et la recherche? – Philippe Barraqué

Dans son dernier rapport, l’Inserm fait le point sur les recherches scientifiques sur les acouphènes et sur les protocoles actuels d’accompagnement de la gêne auditive.

Les acouphènes sont des bruits générés spontanément dans la voie auditive. Ils sont le plus souvent liés à une perte d’audition, même s’ils ont parfois une autre origine. Ce sont des sifflements, des grésillements ou des bourdonnements d’oreille, qui ne proviennent pas du monde extérieur. Survenant dans une seule ou deux oreilles, ils peuvent être continus ou intermittents, transitoires ou persistants.  Un acouphène persistant peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années.

Des causes multiples

Dans environ 80% des cas, les acouphènes sont associés à des troubles de l’audition. Dans les autres cas, bien qu’aucun déficit ne soit retrouvé à l’audiogramme, l’existence de lésions indétectables des fibres nerveuses auditives n’est pas à exclure.

Une perte auditive serait le plus souvent à l’origine des acouphènes. Face à une déficience de l’audition, le cerveau va se réorganiser pour s’adapter et tenter de pallier cette déficience. Hélas, cette réorganisation peut entrainer un fonctionnement aberrant du cortex auditif. Dans certains cas, des activités anormales générées le long de la voie auditive seront interprétées comme des sons par le système nerveux central. Le cerveau entendra des sons qui ne correspondent pas à une stimulation acoustique extérieure : c’est l’acouphène !

Un traumatisme induit par intervention chirurgicale, une inflammation liée à une otite moyenne, un médicament toxique pour le système auditif (médicament ototoxique) ou encore un problème vasculaire provoquant une gêne à proximité du nerf auditif, constituent des causes probables d’acouphènes.

Une pathologie fréquente

Environ 10% de la population adulte serait touchée par les acouphènes, avec des formes très sévères dans moins de 1% des cas.

Le risque d’acouphène augmente avec l’âge et la presbyacousie (perte auditive liée à l’âge), atteignant un pic autour de 65 ans. Ce risque progresse également avec l’exposition au bruit au cours de la vie et la survenue de traumatismes sonores. Une récente étude portant sur des discs jockeys de 26 ans, travaillant trois nuits par semaine depuis six ans, montre que 75% d’entre eux souffrent d’acouphènes.

Le retentissement des acouphènes est très variable d’un individu à l’autre. Ils peuvent, notamment, entrainer des difficultés pour s’endormir ou pour se concentrer, des états d’anxiété et de dépression.

Une prise en charge possible

Les chercheurs clarifient peu à peu les mécanismes des acouphènes, pour tenter de proposer des solutions efficaces et durables aux patients les plus affectés. Dans un premier temps, il est utile de consulter pour rechercher une perte auditive. En cas de déficit avéré, une aide auditive permet le plus souvent d’améliorer l’audition et de détourner le patient de ses acouphènes. Dans les cas les plus gênants, des protocoles thérapeutiques sont proposés pour en réduire le retentissement.

Ainsi, les masqueurs d’acouphènes sont des appareils auditifs qui émettent un bruit de fond, modéré mais permanent, qui masque les acouphènes et en limite la perception ; les thérapies cognitivo-comportementales permettent aux patients d’apprendre à mieux vivre avec leurs acouphènes. Par exemple, la sophrologie les aide à supprimer la connotation négative du son et à relativiser son importance.

Des thérapies comportementales proposées dans certains hôpitaux leur permet de ne plus se focaliser sur ces bruits indésirables. En cas d’anxiété et de dépression, une prise en charge par un psychiatre ou par un psychologue, ainsi que des médicaments (anxiolytiques, antidépresseurs), s’avèrent souvent être utiles.

Le soulagement des patients

De nombreuses pistes sont explorées pour parvenir à mieux soulager les patients, ou même à supprimer durablement les acouphènes. Compte-tenu du lien entre troubles de l’audition et acouphènes, améliorer la prévention des pertes auditives et leur prise en charge permettrait de réduire leur incidence. L’exposition au bruit est une cause première des troubles de l’audition : des niveaux sonores élevés détruisent de façon irréversible des cellules de l’oreille interne (cellules ciliées) et altèrent les fibres nerveuses auditives. Ainsi, un traitement limitant la destruction des cellules ciliées, administré dans les heures qui suivent un traumatisme, pourrait atténuer le risque d’apparition des acouphènes. De tels traitements sont en cours de développement ou déjà appliqués sur des cas cliniques ciblés.

Les expérimentations en cours

Des thérapies sonores sont également en cours d’expérimentation. L’idée est d’induire une réorganisation du cortex auditif pour supprimer (ou au moins atténuer) les acouphènes. Concrètement, le patient est exposé à une musique ou à un bruit dépourvu de la fréquence sonore caractéristique de ses acouphènes. Il s’agit d’un traitement à long terme, conduit sur plusieurs mois.

Des essais de stimulation magnétique transcrânienne ont eu lieu il y a une dizaine d’années. Cette stratégie vise à utiliser les stimulations magnétiques pour  provoquer la réorganisation du cortex auditif et réduire les acouphènes. Les résultats obtenus jusqu’ici ne sont pas convaincants. Des stimulations électriques ont également été testées dans le même objectif. Nécessitant l’implantation d’électrodes dans le cerveau, cette technique a été abandonnée dans cette indication : les acouphènes revenaient chez les quelques patients implantés.

Les recherches

Des travaux ont suggéré l’intérêt de stimuler le nerf pneumogastrique (aussi appelé nerf vague), situé au niveau du cou. Chez le rat, le couplage de stimuli sonores spécifiques avec des stimulations brèves et répétées du nerf vague, semble inverser durablement les modifications neuronales liées à la perte auditive, et réduire les acouphènes. Un protocole clinique a débuté en Belgique, chez des patients souffrant depuis plus d’un an d’acouphènes sévères et d’une perte auditive permettant toutefois d’entendre les stimuli sonores.

Côté thérapies pharmacologiques, des essais cliniques sont en cours pour tester l’efficacité de molécules à action locale, capables de bloquer les acouphènes dans des « modèles animaux ». Il s’agit d’antagonistes des récepteurs NMDA sensibles au glutamate. Il semble en effet que les récepteurs NMDA situés sur les fibres nerveuses auditives jouent un rôle majeur dans l’apparition des acouphènes. Ils répondent à la présence excessive de glutamate, principal neurotransmetteur du système auditif, entrainant un surcroit d’excitabilité.

Enfin, des molécules sont en cours d’expérimentation, en injection intra auriculaire ou par voie orale, pour restaurer les cellules ciliées et à terme, recouvrer une audition normale.

Source (extraits) : Unité Inserm 1051 , Institut des neurosciences de Montpellier


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